L’engagement français dans les rangs ukrainiens

page nécrologique

Avis de décès de Sébastien Landes en juillet 2022

De fait, cette rubrique est souvent nécrologique. Pour différentes raisons, les autorités françaises abordent la question avec pudeur. L’information est parcellaire et cet état sera mis à jour autant que possible.

Le 22 juillet 2022, des sources ukrainiennes annoncent le décès le 4, dans la région d’Izyum, du ressortissant Français Sébastien Landes. Le faire-part est à ce jour le plus carré : un état civil précis, extrait sans doute de la copie de passeport dont dispose sa hiérarchie ukrainienne, une petite biographie sans fioriture idéologique, une information de première main. L’origine est sa formation d’appartenance, la compagnie volontaire de police spéciale Sich, un atome des forces paramilitaires nationalistes du ministère de l’intérieur ukrainien, rattaché dans une fonction sans doute punitive à la 93ème brigade mécanisée de l’armée régulière. L’avis est repris par différentes personnalités du parti nazi Svoboda, dont Sich est une émanation. Silence radio des autorités françaises, qui se gardent de compléter une biographie un peu obscure. Était il un militaire français jusqu’à son départ pour l’Ukraine ? Quelle était exactement son expérience du renseignement ? A t’il intégré un temps, comme d’autres étrangers aujourd’hui en Ukraine, les milices marxistes kurdes YPG en Syrie ?

[…] Après son diplôme, il a travaillé dans une compagnie de construction en France, servi dans une unité parachutiste de l’armée française, participé à la guerre en Syrie et Irak comme volontaire. Après quoi, il est parti au Koweït étudier la religion musulmane, a servi à nouveau en Syrie dans l’armée française pour le renseignement militaire.
Depuis avril 2022, il servait comme éclaireur au sein de Sich, est mort en accomplissant une mission de combat au côté de Maksym Ostyak, “Austin”
[…]

Le renseignement militaire russe (GRU) tient un état des mercenaires étrangers en Ukraine, dont il communique régulièrement la volumétrie au public, ainsi le 12 juillet

Le bilan français est énorme, 73 tués contre seulement deux connus en France à la même date. Les autorités ukrainiennes sont réticentes à divulguer les décès parmi des volontaires étrangers déjà décimés par la désertion. J’imagine aisément, comme certains en témoignent personnellement, confrontés soudain à une armée bien équipée, dont l’artillerie puissante coordonne son feu avec l’infanterie, l’effroi de combattants dont l’expérience a été acquise face à des insurgés irakiens, djihadistes en Syrie ou au Sahel. Le mot safari a été employé avec arrogance début mars, mais il semble dans la pratique que le gibier ne soit pas russe. Une autre hypothèse est que les statistiques incluent aussi des effectifs réguliers de puissances étrangères, qui préfèrent garder secret leur engagement direct.

Les autorités françaises, leurs relais médiatiques, sont également réticents, pour des raisons évidentes de propagande. Le soutien à l’Ukraine est entaché quand le combattant français se révèle un militant d’extrême droite, engagé dans une formation paramilitaire nazie.

Ainsi, les identifications peuvent résulter d’indiscrétions sur les réseaux sociaux, de fuites des services de renseignement dans les médias, d’annonces par des formations paramilitaires ukrainiennes qui font leur publicité. C’est sous la pression des réseaux sociaux et médias que le gouvernement français finit par confirmer les décès.

  • Barrat, Maxime, environ 33 ans en octobre 2022,

est camionneur, réserviste de l’armée française, pourrait bien travailler pour le renseignement français, depuis son engagement en Syrie en 2015, dans les milices marxistes kurdes YPG. Son premier affrontement attesté de l’armée russe date du 9 juin 2022, dans la région de Kharkov, au sein d’un groupe appelé Dark Angels, à l’origine une ONG britannique d’assistance en Pologne aux réfugiés d’Ukraine

(Social networks)

Voici de gauche à droite, Jordan O’Brien, Nouvelle-Zélande, Damien Rodriguez, US, Maxime Barrat et Eric Alexander Nawrocki, Canada.

  • Besson, Gaston, 55 ans au 12 novembre 2022,

était un identitaire, proche autrefois du Front national, fan plus récemment d’Éric Zemmour et Charlotte d’Ornellas, soutien inconditionnel des forces de l’ordre, anticommuniste et islamophobe, ancien du 1er RPIMa (régiment parachutiste d’infanterie de marine), vétéran dans les rangs croates de la guerre en ex-Yougoslavie, contre les Serbes, membre à partir de 2014 du régiment Azov, recruteur de nazis européens pour l’Ukraine, blessé dans le Donbass, auxilliaire en somme de l’OTAN et peut-être honorable correspondant de la DGSE. Il est décédé en Croatie le 12 novembre 2022. Selon la rumeur, c’est sa passion pour la bouteille qui l’a mis en bière à 55 ans

tué dans la région de Kharkov le 1er juin 2022, dans les rangs de l’organisation nazie internationale Misanthropic Division, fondée en Ukraine en 2013

  • Bouderlique, Jonathan

est encore en vie le 26 octobre 2022, quand il partage une photo en uniforme de l’armée régulière ukrainienne (couleur distinctive jaune, gauche) et porte un masque de la mort. Celle du milieu, déjà en Ukraine, date du 6 juillet. Il se serait engagé dans la Légion internationale en avril. Il était militaire français au moins jusqu’en 2016 (droite), a précédemment exprimé sa sympathie politique pour la mouvance nationaliste (Sidos) héritière du dirigeant fasciste Philippe Pétain, au pouvoir à la création en 1941 de la Légion des volontaires français contre le bolchévisme (LVF)

  • Bronchain, Maxime, 32 ans au 12 décembre 2022,

vit à Metz, employé en restauration, n’a connu qu’une courte expérience militaire, un an dans l’armée française à l’âge de 18 ans, quand il rejoint la légion internationale en mai 2022. Combattant dans un peloton de reconnaissance engagé dans la région russe de Lougansk le 27 novembre, il marche du pied gauche sur une mine anti-personnel. Un camarade US est tué lorsqu’il se porte à son secours

L’image à droite est une capture d’écran diffusée par des médias français de la vidéo de l’évacuation sanitaire de Maxime Bronchain

Hospitalisé à Kharkov puis Kiev, opéré plusieurs fois, il refuse l’amputation que lui proposent les médecins Ukrainiens. Le 12 décembre, des organes de presse et télévision française relaient son appel à l’aide. Maxime Bronchain souhaite être rapatrié et soigné en France, où selon ses déclarations, le gouvernement semble freiner des quatre fers depuis le lendemain de sa blessure

L’archéologie numérique est édifiante dans le cas de Bronchain. Ainsi a t il été militaire du 3ème régiment de hussards, formation de reconnaissance blindée à Metz de la Brigade franco-allemande. Son bagage idéologique apparaît sur une image plus récente, en Ukraine. Il porte sur l’épaule gauche le drapeau actuel de l’organisation politique nazie ukrainienne Pravyi Sector (secteur droit), couleurs historiques de l’UPA, formation paramilitaire nazie durant la seconde guerre mondiale. C’est un festival sur son épaule droite : le badge de la Misanthropic Division, organization nazie internationale fondée en 2013 en Ukraine, surplombe un splendide Schwarze Sonne (soleil noir), héritage chez les initiés du Reichsführer SS Henrich Himmler

Son identité politique nazie n’a sans doute pas accéléré son rapatriement et Bronchain perd son pied, après son hospitalisation à Strasbourg le 21 décembre. La sanction semble insuffisante, puisque le matamore prétend sur LCI le 2 janvier qu’il aurait tué une cinquantaine de Russes. Un fantasme malsain, quand les pertes atlantistes en Ukraine sont environ dix fois celles des Russes

militant nazi connu, présenté sous anonymat par LCI, le 24 juin 2022, comme un défenseur de l’Europe, amoureux de l’Ukraine et opposant farouche à la Russie

Un média français indépendant publie le 25 juillet une nouvelle interview. Cherel-Salzburg s’identifie clairement, confirme son idéologie et quant à la défense de l’Europe, cite Léon Degrelle (1906-1994), leader rexiste (extrême droite catholique) dans les années 30 en Belgique, puis Standartenführer (colonel SS) et chef de la 28. SS-Freiwilligen-Panzergrenadier-Division Wallonien (1941-1945)

Nous apprenons que lui qui n’avait pas avant l’Ukraine d’expérience militaire, est aujourd’hui un spécialiste antichar, a été formé sur le lanceur de missile de fabrication britannique NLAW.

  • Corte, F,

détecté en juillet par une indiscrétion sur les réseaux sociaux, à l’occasion d’un retour en France, il porte l’emblème de l’organisation nazie internationale Misanthropic Division

blessé au côté de Wilfried Blériot le 1er juin 2022, décédé à l’hôpital le 25, présenté par BFMTV le 6 juillet comme un patriote conservateur

  • Landes, Sébastien, né le 9 décembre 1993,

tué dans la région d’Izyum le 4 juillet 2022, dans les rangs de la compagnie paramilitaire Sich, émanation du parti nazi Svoboda, il était probablement un ancien militaire français, vétéran de Syrie et d’Irak,

  • Logerot, Charly,

serait un ancien militaire de la Marine nationale,

  • Maillard, Loic, 24 ans au 16 septembre 2022,

ancien militaire français, affecté au bataillon Sich, formation paramilitaire du parti nazi Svoboda, où il arbore aussi le chevron d’une autre organisation nazie, Pravyi Sektor, le Secteur droit,

La fiche de Loic Maillard, qu’a réalisée le collectif russe de renseignement de sources publiques (OSINT) RYBAR
  • Minaud, Berenger, né en 1978,

savoyard, était artilleur au 40ème régiment, à Suippes, entre avril 1997 et avril 2005, a quitté l’armée sous-officier pour devenir chauffeur-livreur. Arrivé en Ukraine fin mars 2022, il a été blessé en novembre, était hospitalisé à Kiev le 22, en état cependant de communiquer sur Tik Tok, où il pose beaucoup

  • Tremoulet, Arthur, 25 ans au 28 août 2022,

Toulousain, aurait été parachutiste dans l’armée française entre 2018 et 2020, selon son autobiographie, a exercé l’activité avérée d’agent immobilier jusqu’à son arrivée en Ukraine, le 22 mai 2022. Membre d’une formation antichar du 3ème bataillon d’opérations spéciales de la légion internationale, il a été engagé dans la région de Kharkov. Autour de lui, ses camarades étrangers tombent comme à Gravelotte et le 28 août, il annonce son retour en France, pour le bien de sa famille, après quelques publications sur Instagram, dont une photographie où il maltraite un prisonnier russe d’apparence civile,

La fiche d’Arthur Tremoulet, qu’a réalisée le collectif russe de renseignement de sources publiques (OSINT) RYBAR
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2 responses to “L’engagement français dans les rangs ukrainiens”

  1. […] Un état actualisé des mercenaires français en Ukraine […]

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  2. […] Quid Maxime Bronchain, souvenez-vous, cet ancien militaire du 3ème régiment de Hussards, qui en décembre 2022, a fait pleurer les médias français grand public, parce qu’il avait perdu un pied sur une mine dans le Donbass. Je regrette que les enquêteurs de Blast ne ne soient pas intéressés à son bagage politique. Bronchain aime arborer la panoplie du parfait nazi ukrainien : couleurs historiques de l’UPA, formation paramilitaire nazie durant la seconde guerre mondiale, le badge de la Misanthropic Division, organization nazie internationale fondée en 2013 en Ukraine et un splendide Schwarze Sonne [soleil noir], héritage chez les initiés du Reichsführer SS Henrich Himmler […]

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