La France soutient al Qaeda au Mali

Georges Malbrunot le confirme dans un article que RTL publie le 8 mai 2026

Le 3 mai 2026, soldats maliens et russes patrouillent ensemble dans un village du Mali (The African Corps)

Le journaliste Georges Malbrunot a recueilli les confidences d’une source française anonyme, quand dans un article publié par RTL le 8 mai 2026, il confirme ce qu’affirme depuis longtemps les autorités du Mali.


Comment la France, chassée du Mali, combat indirectement la junte au pouvoir et ses soutiens russes via des militaires ukrainiens

Si elle a quitté le Mali, la France apporte une aide opérationnelle à des militaires ukrainiens sur place, passés par la Légion étrangère, et qui coopèrent avec les rebelles touaregs.

Les forces françaises ne sont officiellement plus sur le sol malien, et pourtant elles continuent à opérer indirectement. Selon une source sécuritaire française, la France se repose notamment sur de nombreux militaires ukrainiens francophones passés par la Légion étrangère : des unités du renseignement militaire ukrainien, le GUR, opèrent ainsi au Mali en coordination avec les rebelles touaregs, lesquels ont débuté il y a deux semaines une conquête de plusieurs villes grâce à une alliance avec les djihadistes.

Les rebelles indépendantistes touaregs cherchent ainsi à affaiblir la junte au pouvoir à Bamako, tandis que la France et l’Ukraine veulent renverser les soutiens russes de la junte, les anciens de la milice Wagner (renommés l’Afrika Corps) qui ont tout fait pour chasser la France de l’Afrique. Un partage d’intérêts, alors même que les rebelles touaregs ont une ancienne relation avec les services de renseignements français au Sahel.

Ce n’est pas la première fois qu’il est question d’une alliance franco-ukrainienne sur ce plan : en début d’année dernière, le service de renseignements ukrainien avait proposé aux autorités françaises un plan détaillé pour déloger les juntes de la région du Sahel, et ainsi faire reculer l’ennemi russe. Mais Paris n’avait pas donné de suites à cette proposition, en raison notamment de l’aspect sécuritaire.

Une hiérarchisation de l’ennemi

Le verrou est aujourd’hui levé, permettant un jeu de stratégies qui semble favoriser les djihadistes, ces derniers étant actuellement alliés aux indépendantistes touaregs, eux-mêmes aidés par ces forces ukrainiennes. Une sorte de hiérarchisation de l’ennemi afin d’atteindre un objectif commun, ici de renverser la junte au pouvoir et d’affaiblir les Russes et leurs alliés dans la région.

En limitant son aide opérationnelle à ces relais ukrainiens, la France évite ainsi une coopération directe avec les djihadistes liés à Al-Qaïda. Interrogé, le ministère des Armées est toutefois resté vague et a indiqué que si les militaires ukrainiens avaient quitté la Légion étrangère pour servir l’Ukraine de manière qu’ils jugent utile, la France n’a de son côté pas de commentaire à faire sur le sujet.

Plusieurs pays du Sahel avaient dénoncé l’an dernier ce jeu d’alliances, qui semble toutefois faire ses preuves dans la région, avec la reprise récemment de grandes villes – dont Kidal, reprise fin avril par les djihadistes alliés aux rebelles touaregs. De quoi faire des remous entre la junte au pouvoir et son allié russe, qu’elle accuse de l’avoir “trahi” alors que les mercenaires russes ont quitté le navire après avoir passé un accord quelques jours avant l’attaque.

La mort du ministre malien de la Défense, Sadio Camara, tué fin avril dans une attaque kamikaze, a également marqué un autre coup de la Russie, puisque ce numéro deux de la junte, considéré comme l’homme de Moscou, avait été formé en Russie.


En réalité, les militaires russes de l’African Corps opèrent toujours au Mali et n’en déplaise à une presse bleu horizon revancharde, l’offensive que les djihadistes ont lancée vers le sud le 25 avril n’est pas parvenue à conquérir le pays. Car avec des attaques de SVBIED (suicide vehicle-borne improvised explosive device) à Kati, banlieue de Bamako, pour tuer le ministre de la défense et aussi le président Assimi Goïta -la seconde échoua- la prise du pouvoir central était bien l’objectif

Carte de la situation au Mali le 2 mai 2026 (RYBAR) : l’offensive djihadiste n’a que peu changer les zones de contôle du pays et les assaillants ont subi des pertes considérables

Par pudeur, Malbrunot limite aux rebelles touaregs la portée du soutien franco-ukrainien. Le sujet mérite d’être approfondi

Drapeau du FLA

Fondé dans le nord du Mali le 30 novembre 2024, par la fusion d’organisations plus anciennes, le Front de libération de l’Azawad (FLA, 4000 hommes) est indépendantiste et aussi islamiste. Son chef est Alghabass Ag Intalla, un ancien d’Ansar Dine [Les Défenseurs de la religion], pas exactement un laïc

Début mai 2026, un écusson du renseignement militaire ukrainien (HUR) est retrouvé sur le cadavre d’un djihadiste de JNIM (réseaux sociaux)

De fait, l’offensive était une opération conjointe du FLA et des djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, 6000 hommes), branche malienne d’al Qaeda, dont le chef est Iyad Ag Ghali, également Touareg et fondateur d’Ansar Dine en 2012

Que vous rappellent ces drapeaux de JNIM ?

Bashar Assad énonça autrefois

Le terrorisme n’est pas une carte qu’on sort et qu’on range dans sa poche. Comme un scorpion, il peut vous piquer à tout moment

Dix ans après la Syrie et la cruelle leçon de choses du 13 novembre 2015, la France perpétue de scabreux calculs stratégiques et soutient encore une fois des insurgés sunnites radicaux.

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