L’engagement français dans les rangs ukrainiens

  • Schill, Pierre, né le 10 septembre 1967, surnommé à tort La Grande Muette,
Pendant quelques jours, jusqu’au 26 décembre 2024, Pierre Schill, ici à gauche, conduit en Ukraine une délégation militaire française, pour approfondir la coopération, partager des expériences et accroître l’assistance militaire (armée ukrainienne)

a un peu tiraillé au début des années 90, alors lieutenant dans l’infanterie de marine, quand la France avait bien trop d’influence en Afrique. Voilà pour son expérience du feu.

Sa carrière a décollé entre 2012 et 2017, quand colonel, il était adjoint de l’aide de camp de François Hollande. À une époque où Paris s’affirmait comme le plus indéfectible soutien de l’insurrection sunnite radicale contre le gouvernement laïc de Syrie. La Macronie le promut général en 2017 et depuis le 7 juillet 2021, il est chef d’état-major de l’Armée de terre

À Paris, le 13 novembre 2015, la politique étrangère de François Hollande connut un petit retour de bâton (Benjamin Filarski / Hans Lucas)

À l’instar de ses employeurs, il adore les plateaux de télévision et studios de radio, où il s’illustre comme un auxiliaire proactif de la politique étrangère d’Emmanuel Macron

Le 22 octobre 2025, il prend son petit déjeuner avec Marc-Olivier Fogiel (chef d’état-major de l’Armée de terre)

Pour Radio Classique, il fanfaronne le 16 octobre 2025

L’armée française est prête et nous irons sur les remparts de notre pays et de l’Europe si nécessaire

En audition à l’Assemblée nationale, il ajoute le 23

Nous nous tiendrons prêts à déployer des forces dans le cadre de garanties de sécurité, le cas échéant au profit de l’Ukraine

Pierre Schill n’est pas seulement un courtisan ; tout observateur expérimenté sent une blessure profonde chez ce militaire énervé.

Je pense avoir compris qu’a l’instar de nombre de ses pairs, il n’a toujours pas digéré la prise de Berlin par l’Armée rouge et la rouste kolossal que les siens ramassèrent à Dien Bien Phu. Tant de défaites que les turpitudes françaises en Afrique permettaient de refouler.

Il est aujourd’hui un défenseur [par procuration] de l’Europe, contre les hordes néo-bolcheviques asiatiques [cf. Wilfried Blériot]

En février 1943, un défenseur de l’Europe est congelé à Stalingrad (archives russes)

Las d’inaugurer les chrysanthèmes pour la chair à canon ukrainienne mobilisée de force, il souhaite ardemment que de petits pinzuti [Français] se fassent aussi hacher sur le front de l’est [Jean Quatremer, le 23 octobre 2025]

À la gloire de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF, 1941-1944), supplétifs de la Wehrmacht sur le front de l’est qui marchaient alors dans les traces du général corse Napoleone Buonaparte, cette image apparaît le 20 novembre 1942 dans la brochure Histoire de France, publiée par l’État français

Retrait des troupes atlantistes des positions qu’elles occupent encore au Donbass, dont la population russophone se bat depuis 2014 pour sa libération, les conditions de Moscou pour un cessez-le-feu n’ont pourtant guère changé depuis plus d’un an. Mais risque d’arriver un moment où les Russes, victorieux sur le champ de bataille, se lasseront des interminables rodomontades européennes.

D’une façon ou d’une autre, la France connaîtra un nouveau retour du bâton, dommage collatéral du soutien à de multiples organisations nazies qui constituent l’État profond ukrainien et que nombre de volontaires français ont rejointes. Les services français de sûreté, dont les performances sont devenues légendaires, n’y changeront pas grand chose

en 1964

Entre 1941 et 1944, la maréchaussée a consciencieusement gardé le camp de Drancy, où raflés par la Police nationale, les déportés transitaient vers les Konzentrationslager du Reich.

Toujours aux ordres de l’État français et avec le même air bonasse [La tactique du gendarme], les pandores se préparent à un risque d’agitation sur le territoire national, en cas d’engagement armé contre la Russie sur le front de l’est, ou à défaut, si la France est nation hôte et que des matériels sensibles transitent par son territoire

Les ordres ont été donnés par le chef d’état-major des armées Fabien Mandon, un mâle alpha qui jusqu’au 31 août, était aide de camp d’Emmanuel Macron. En audition à l’Assemblée nationale le 15 octobre 2025, le DGGN (directeur général de la Gendarmerie nationale) Hubert Bonneau expliqua les modalités de leur exécution.

Qui seraient ces agitateurs, aussi appelés déstabilisateurs ? Toujours les mêmes séditieux [un mot que j’entendis pour la première fois aux Renseignements généraux]. À la tête de la DRSD (Direction du renseignement et de la sécurité de la défense), une administration qui n’existait pas encore entre 1940 et 1944, Philippe Susnjara les identifia en avril : syndicalistes, militants d’ultra-gauche, antimilitaristes ou pro-palestiniens.

Ainsi, il ne manquera pas un bouton de guêtre contre les manifestants gauchistes et autres grévistes, en cas hypothétique d’un conflit direct entre OTAN et Russie. Je me demande si la Commission de la défense nationale et des forces armées se préoccupe avec la même ardeur de la menace pour la sûreté intérieure que font peser les militants nazis français partis gagner l’expérience des armes de guerre dans les rangs atlantistes en Ukraine

Guerre ou pas ? Si oui, quel mandat populaire ? Cette stratégie est bien obscur, voire scabreuse, une expression de la pensée complexe, voire philosophique [Brice Couturier] de sa Vacuité

en 2017

Macron se verrait bien en chef de guerre, pour conjurer la réalité et maladroitement tenter de ne pas rester dans l’Histoire comme le plus incompétent et calamiteux chef d’État français. Les conséquences humaines du prolongement du conflit ? Un psychopathe ne s’en soucie guère

avec la complicité d’une intelligence artificielle

J’épargne à mes lecteurs la narration du psychodrame consécutif aux déclarations le 18 novembre 2025, au congrès des édiles, de la gaîté de l’escadrille qui sert de chef d’état-major à Emmanuel Macron.

Alors que les Européens persistent à saboter la paix par leur soutien à Volodymyr Zelenskyy dans son refus d’évacuer le Donbass ; alors que le nombre de tués, dont des légions de mobilisés de force, approche les 2 millions dans les rangs atlantistes ; alors que la défaite est inéluctable, la France joue une scène digne de La grande-duchesse de Gérolstein

(Photo officielle)

Sur décret d’Emmanuel Macron dont il était l’aide de camp, Fabien Mandon se déplace le 20 décembre 2025 à Kiev, où il remet à son homologue Alexandre Syrsky une breloque : les insignes de commandeur de la Légion d’honneur.

in L’engagement français dans les rangs ukrainiens

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