chronique alphabétique de 2022 à aujourd’hui, dernière mise à jour le 8 juin 2026 (Dark, Phoenix, Aubin Verdier)

★ aller directement au panthéon ★
De fait, ce récit est souvent nécrologique. Pour différentes raisons, les autorités françaises abordent la question avec pudeur. L’information est parcellaire et cette chronique sera mise à jour autant que possible.
Le 22 juillet 2022, des Ukrainiens annoncent le décès le 4, dans la région d’Izioum, du ressortissant Français Sébastien Landes. Le faire-part est une information de première main, un état civil précis, extrait sans doute de la copie de passeport dont dispose sa hiérarchie ukrainienne, une petite biographie sans fioriture idéologique.
La source est sa formation d’appartenance, le bataillon volontaire de police spéciale Sich, une unité paramilitaire du ministère de l’intérieur ukrainien, rattachée dans une fonction punitive à la 93e brigade mécanisée de l’armée régulière. L’avis est repris par différentes personnalités du parti nazi Svoboda [Liberté], dont Sich est une émanation.
Silence radio des autorités françaises, qui se gardent de compléter une biographie un peu obscure. Jusqu’à quand a t il été un militaire français ? Quelle était exactement son expérience du renseignement ?
[…] Après son diplôme, il a travaillé dans une compagnie de construction en France, servi dans une unité parachutiste de l’armée française, participé à la guerre en Syrie et Irak comme volontaire. Après quoi, il est parti au Koweït étudier la religion musulmane, a servi à nouveau en Syrie dans l’armée française pour le renseignement militaire.
Depuis avril 2022, il servait comme éclaireur au sein de Sich, est mort en accomplissant une mission de combat au côté de Maksym Ostyak, « Austin » […]
Le renseignement militaire russe (GRU) tient un état des mercenaires étrangers en Ukraine, dont il communique régulièrement la volumétrie au public, ainsi le 12 juillet 2022

Le bilan français est énorme, 73 tués contre seulement deux connus en France à la même date. Les autorités ukrainiennes sont réticentes à divulguer les décès parmi des volontaires étrangers déjà décimés par la désertion.
J’imagine aisément, comme certains en témoignent personnellement, confrontés soudain à une armée bien équipée, dont l’artillerie puissante coordonne son feu avec l’infanterie, l’effroi de combattants dont l’expérience a été acquise face à des insurgés afghans, djihadistes au Levant ou au Sahel. Le mot safari a été employé avec arrogance début mars, mais il semble dans la pratique que le gibier ne soit pas russe.
Une autre hypothèse est que les statistiques incluent aussi des effectifs réguliers de puissances étrangères, qui préfèrent garder secret leur engagement direct.
Les autorités françaises, leurs relais médiatiques, sont également réticents, pour des raisons évidentes de propagande. Le soutien à l’Ukraine est entaché quand le combattant français se révèle un militant d’extrême droite, engagé dans une formation paramilitaire nazie.
Les identifications résultent ici de l’analyse d’informations sur les réseaux sociaux, de fuites rarement fortuites des services de renseignement dans la presse, d’annonces par des formations paramilitaires ukrainiennes qui font leur publicité, parfois même du travail honnête de journalistes. C’est sous la pression médiatique que le gouvernement finit par confirmer le décès.
Je collabore étroitement avec mes camarades internationaux de la chaîne TrackANaziMerc, via le service de messagerie cryptée Telegram. Nous échangeons quantité d’informations et la qualité de notre travail collectif est fortement ressentie par d’autres, quand le 25 septembre 2024, le tabloïd Verdens Gang [La promenade du monde, VG], plus gros tirage de la presse norvégienne, parle de notre communauté

Les journalistes font référence à l’interpellation en France le 24 août 2024 de Pavel Durov, fondateur et dirigeant de Telegram, pour appeler de leurs vœux notre censure.
Ils nous reprochent tout d’abord d’être en relation avec des hackers russes. Pas faux. Comme vous le lirez plus bas, il m’arrive d’exploiter par recoupement des informations que des as russes de l’informatique recueillent auprès de la bureaucratie ukrainienne et rendent publiques.
Monde cruel, le doxing est le second chef d’accusation, mais nos sources principales sont les volontaires eux-mêmes, par l’expression de leur narcissisme sur les réseaux sociaux. Et à moins qu’ils ne soient personnellement impliqués, je ne divulgue jamais les identités des proches de mes sujets d’étude.
Notre dernier méfait serait la diffamation. Vous découvrirez plus bas le genre d’orientations politiques dont la révélation peut susciter les grands cris des diffamés, quand leur souffrance est causée par leur difficulté à les assumer.

Mercenaires ou volontaires ? Aucun n’a été contraint, leur engagement est bien volontaire. Interrogés par une presse complaisante, la plupart se gargarisent de nobles motivations. Mais souvent, la réalité est moins avouable. Un chômeur peut y trouver aussi un intérêt financier et un militant d’extrême-droite hésite à revendiquer sans détour la cause politique qu’il peut défendre dans une formation paramilitaire nazie.
Le mercenariat est réprimé en Droit français, mais sa définition y est très élitiste
toute personne, spécialement recrutée pour combattre dans un conflit armé et qui n’est ni ressortissante d’un État partie audit conflit armé, ni membre des forces armées de cet État, ni n’a été envoyée en mission par un État autre que l’un de ceux parties au conflit en tant que membre des forces armées dudit État, de prendre ou tenter de prendre une part directe aux hostilités en vue d’obtenir un avantage personnel ou une rémunération nettement supérieure à celle qui est payée ou promise à des combattants ayant un rang et des fonctions analogues dans les forces armées de la partie pour laquelle elle doit combattre
J’ai du mal à concevoir un mercenaire qui ne serait pas membre de fait des forces armées de l’État pour lequel il combat. Comprenons alors que pour être absous dans l’hexagone, un volontaire français en Ukraine devra être à même enseigne, solde et conditions de travail, que le plus humble des citoyens ukrainiens mobilisés. À voir. La définition du Larousse est plus simple et universelle
soldat qui sert à prix d’argent un gouvernement étranger
Je suis d’une génération qui faisait son service militaire. À la veille de ma libération, ma solde mensuelle en francs ou Deutsche Mark restait inférieure à 300€ de 2024. Nous étions nourris, logés et blanchis

Au début de la guerre d’Espagne, les miliciens républicains étaient payés par mois 7,5 pesetas, nourriture déduite, soit un peu plus de 15 francs de l’époque, environ 1 400€ de 2024. Avant l’effondrement de la peseta républicaine

J’imagine que la solde était du même ordre dans les brigades internationales. Détail historique cocasse : la signature d’un contrat d’engagement, au contraire de la façon dont elle est présentée aujourd’hui par le Code pénal et la presse bleu horizon, était considérée à l’époque dans leurs pays d’origine comme un acte de mercenariat et les volontaires étrangers se contentaient de prêter serment.
Les autorités russes sont également fondées à qualifier de mercenaires les volontaires étrangers dans les rangs atlantistes en Ukraine. À l’inverse, la presse française fait un contresens, quand elle appelle mercenaires les Russes qui combattent pour la Russie, dans la compagnie militaire privée (PMC) Wagner, liée par contrat à l’État russe

Les Français sont affreusement attentifs au statut des personnes, au détriment de leur compréhension du sens des actions et de leur propre capacité à en conduire de façon efficace. C’est un stigmate petit bourgeois de l’Ancien régime. La presse de préfecture est l’expression naturelle de ce travers national, fait en plus de la propagande.
La question ne me paraît pas très importante. J’ai plus de sympathie pour un mercenaire apolitique que pour un volontaire nazi. Leur mort est la conséquence logique d’un choix personnel, voire une heureuse nouvelle. Je déplore plutôt l’injustice de l’immolation, pour des intérêts étrangers, de conscrits ukrainiens mobilisés de force

Une fréquentation me confia voila quelques années que dans les réunions de cadres du privé, une règle d’or est de ne jamais aborder les questions qui fâchent. J’ai compris avec le temps comme la contrainte est vraie. Dans une société dont les règles sont aujourd’hui édictées par les écoles de commerce, ce vice profond est un symptôme de l’inéluctable déclin de la civilisation occidentale.
Je sais bien que cette chronique peut déplaire. La réalité est dans les détails, peut être parfois difficile à assumer. Ainsi ce message du 19 juillet 2023 sur Telegram, où j’enquête à visage découvert. D’autres me communiquent de précieuses informations

Ce partisan français de la cause ukrainienne est radical, affiche le Wolfsangel [crochet à loup], emblème actuel de la brigade Azov, qui fut vaincue à Marioupol en mai 2022. Le symbole est fort, d’un point de vue français, car il était aussi celui de la 2. SS-Panzer-Division, Das Reich, qui attaqua le 10 juin 1944 le village d’Oradour sur Glane, Haute Vienne, où 643 habitants furent assassinés

Ce Wolfsangel ukrainien n’a pas été inventé par un artiste graphique de Kiev. Le symbole était à l’origine médiéval et allemand, ni polonais ni ukrainien. Le chaînon manquant, entre Azov et les divisions SS, est le Parti social national d’Ukraine (SNPU), fondé en 1991 à Lviv, ventre toujours fécond du nazisme ukrainien.
Soucieux en 2004 de rendre le parti plus fréquentable pour ses clients de l’OTAN, un nouveau dirigeant, lui-même ardent nazi, le renomma Svoboda [Liberté], la base politique du bataillon de Sébastien Landes

Comme vous le lirez plus bas, dans les rangs atlantistes au Donbass ou en Ukraine, les combattants français ne sont pas tous nazis. Mais même un Gérald Darmanin aurait du mal à y trouver un quarteron de militants d’ultra-gauche.
- Albert, Aymeric
- Anakoya, Antoine
- Andreoni, Guillaume
- Aubert, Rémy
- Aujard, César
- Ballester, Sydney
- Barbieri, Ernesto
- Barrat, Maxime
- Barraud, Lucas,
- Barrié, Guillaume
- Bastardy, Angel
- Baudon de Mony Pajol, Adrien
- Benoist, Pierre-Alexandre
- Bernard, Sébastien
- Besson, Gaston
- Besson, Jean-Baptiste
- Biernat, Fabien
- Bledia (Le),
- Blériot, Wilfried
- Bora / Berserker
- Bouderlique, Jonathan
- Bravo 1
- Bronchain, Maxime
- Cacqueray Valménier, Marc
- Capron de Bailleul, Hugo
- Cartier Jouglet, Kevin
- Caupin, Sylvain
- Charlemagne
- Cherel Salzburg, Karel
- Cohin Pourajaud, Gwendal
- Commaret, Nathan
- Conte, Cédric
- Corte, Franck
- Coursier, Eirik
- Coury, Florent
- Cozon, Thomas
- Crouzette, Boris
- Cuesta, Hugo
- Cyrano
- Dark
- David, Kevin
- Dehee, Benjamin
- Delange, Gwendal
- Delporte, Jonathan
- Demont, Kévin
- Devaux, Dylan
- Dindin, Ludovic
- Dinh, Alan
- Diril, Mahlone,
- Di Stefano, Nicolas
- Donche, David
- Donnio Choupeaux, Gabin
- Drion, Alexis
- Duchézeau, Allan
- Dugay Leyoudec, Adrien
- Dukaric, Éric
- Dupuy, Mel
- Dutil, Arnaud
- El Garab, Mohammed
- Evanno, Quentin
- Évrard, Philippe
- Far, Thibault
- Ferranti, Aurélien
- Flash
- Fort, Ylian
- Fraysse, Michael
- Gallozzi, Andreas
- Garate, Douglas
- Ghizzo, Arnaud
- Gola, Stéphane
- Gouskov, Igor
- Guenneguez, Leeroy
- Guermanovitch, Guennadi
- Guilmard, Marc
- Harry Marin, Damien
- Havard, Hugo
- Herceg, Antonio
- Heresanu, Vasile
- Huber, Lucas
- Jason
- Joiko, Nicodem
- Josserand, Sylvain
- Jutier, Franck-Olivier
- Kaneki, Ken
- Kastner Kysilenko, Pierre
- Kaydo, Jon
- Keller, Jonathan
- Kelt
- Korczak, Quentin
- Kuzio, Axel
- Ladjnef, Sophie, Sonia
- Laffitte, Sylvain
- Landes, Sébastien
- Laville, Jean-Baptiste
- Lazzari, Kevin
- Lebreton, Eliott
- Leconte, Maxime
- Le Corre, Axel
- Lecourt (Dumont), Olivier
- Ledoux, Shamil
- Le Nouail, Alexis
- Le Priol, Loïk
- Leroy, Allan
- Lévy, Bernard-Henri
- Logereau, Charly
- Macquart, Loic
- Macron, Emmanuel
- Maillard, Loic
- Maire, Xavier
- Malandain, Franck
- McKenzie
- Meunier, Kevin
- Mezi, Omar
- Minaud, Berenger
- Misanthrope,Cafard
- Montecof, Lucas
- Mordant, Dylan
- Mordelet, Aguir
- Mourey, Denis
- Mussolini
- Nanouk
- Naudon, Maëva
- Nicolas, Brandon
- Pasquier, Lancelot
- Paul
- Payen, Hippolyte
- Penel, Arnaud
- Perdriel, Loïc
- Phoenix
- Piguet, David
- Pinna, Andy
- Poirson, Stéphane
- Proupin, Enzo
- Ravera, Thibault
- Rigon, Thibault
- Rondet, Côme
- Roque
- Roussel, Charles
- Sanapo, Anthony
- Sanchez Da Silva, Juan
- Santoni, Dylan
- Sa Sin
- Schill, Pierre
- Sciacca, Mickaël
- Siles, Jean-Baptiste
- Sitja, Georges
- Szkatulski, Tomasz
- Theet, Alexandre
- Theobald, Ben
- Tremoulet, Arthur
- Tytelman, Xavier
- Verdier, Aubin
- Vermeersch, Valentin
- Vigneron, Alan
- Willy
- Yahmi, Nicolas

Ni exhaustive ni achevée, cette liste compte une forte proportion de sympathisants d’extrême-droite, voire nazis assumés. Ils ne sont qu’un tiers en 2023, dépassent les 50% cumulés en 2025.
Au Donbass ou en Ukraine, ils acquièrent une expérience du combat et pour les novices, la pratique des armes de guerre. Ils tissent des liens idéologiques et opérationnels avec les organisations nazies locales et des camarades internationaux de même acabit.
Cela constitue une menace nouvelle pour la sûreté intérieure de leurs pays d’origine, car certains ne seront pas tués et ne se résoudront pas à demeurer en Ukraine.
Cet enjeu est le sujet de la question écrite que le député d’Ille et Vilaine Frédéric Mathieu adresse au ministre de l’Intérieur le 1er août 2023
Monsieur Frédéric Mathieu alerte Monsieur le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer sur le risque que représente la présence de combattants français au sein de la légion internationale ukrainienne créée par le président Ukrainien Volodymr Zelensky.
En effet parmi les 400 français partis en Ukraine depuis le début du conflit on dénombrerait une centaine de combattants, l’essentiel clairement identifié comme faisant partie de la mouvance d’ultradroite. Parmi eux, on trouve des civils mais également beaucoup d’anciens militaires. Certains ont d’ores et déjà été identifiés par la presse d’investigation comme gravitant dans les sphères nationalistes révolutionnaires, comme César A [César Aujard], hooligan parisien d’extrême-droite et auteur de l’agression de l’attaché parlementaire de ma collègue Aurélie Trouvé, le 29 avril 2023.
Ces individus combattent ensemble au sein d’unités ukrainiennes telle que le « bataillon revanche [dont l’effectif français augmente, pour constituer un peloton début 2026], émanation du mouvement ultranationaliste Ukrainien « Ordre et Tradition ». Ils arborent sans complexe sur les réseaux sociaux des drapeaux et tatouages comprenant des symboles néonazis et justifient leur participation à ce conflit par la « lutte pour la civilisation européenne », avec en fond le suprémacisme blanc et la lutte contre les « hordes asiatiques ».
Si d’après un article de RTL du 1er janvier 2023, les combattants français seraient débriefés à leur retour en France par la DGSI à des fins de recueil de renseignement militaire, on ne peut qu’être inquiet quand on apprend que le 22 avril 2023, deux militants d’extrême-droite [Guillaume Andreoni & Alan Vigneron] ont été interpellés à la gare routière de Bercy avec dans leurs bagages des chargeurs de fusil d’assaut et des optiques de visée, lors d’un contrôle apparemment fortuit, alors même que ces derniers font tous les deux l’objet d’une fiche pour atteinte à la sûreté de l’Etat [la fameuse fiche S, moi aussi].
Dans un article du Monde le 9 juillet 2023, lorsqu’on l’interroge sur la menace terroriste d’ultradroite, le directeur général de la DGSI affirme : « Le risque terroriste qu’elle engendre est allé croissant ces dernières années au sein des démocraties occidentales, en France en particulier ». Il évoque notamment 10 actions terroristes, d’inspiration néonazie, accélérationniste, raciste ou complotiste ayant été déjouées en France depuis 2017 et précise que la menace peut émaner d’individus solitaires.
Dans son rapport paru en mars 2021, le Parquet Général de la Cour d’Appel de Paris met en évidence une transnationalisation ou une porosité entre les organisations violentes d’ultradroite françaises et étrangères, citant notamment l’exemple de Génération Identitaire qui bien que dissout en mars 2021, reste très active au travers de structures locales.
Aussi je souhaite savoir si Monsieur le ministre de l’Intérieur prend la pleine mesure du risque que représente le retour d’individus qui pour certains glorifient des personnalités comme le tueur de masse norvégien Anders Breivik et reviennent avec un certain « savoir-faire » en termes de maniement des armes, et si les moyens nécessaires ont été mis en place pour prévenir d’éventuels passages à l’acte

Un seul individu suffit le 15 mars 2019, pour commettre l’attaque de Christchurch, en Nouvelle-Zélande. L’Australien Brenton Tarrant avait suivi auparavant un stage de formation chez Azov, en Ukraine. La menace actuelle comporte de surcroît la possibilité du support technique de services secrets ukrainiens rompus aux coups tordus.
Le massacre du 13 novembre 2015 fut en son temps un dommage collatéral de la politique étrangère de François Hollande, son soutien à l’insurrection sunnite radicale de Syrie. Il était tout aussi hystérique que celui aujourd’hui d’Emmanuel Macron et ses mignons à l’Ukraine et son État profond nazi.
Vous aurez été prévenus, les pinzuti [Français, en Corse].

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