Des combats entre la France et la Russie ? Autrefois inimaginable, l’hypothèse s’est installée après les déclarations de M. Emmanuel Macron évoquant une « guerre existentielle » et l’envoi de « troupes au sol » en Ukraine. Depuis, le ton ne cesse de monter à Paris comme à Moscou. Une escalade qui semble ravir les médias français, au diapason du président de la République

Galerie municipale de la Lenbachhaus et bâtiment d’art de Munich, Fondation Gabriele Münter, 1957
Les alchimistes ont enfin trouvé des successeurs à leur quête infructueuse. À la fin de l’hiver, les journalistes français se sont évertués à transformer une gaffe présidentielle en un joyau de l’analyse géopolitique. Il n’y a « pas de consensus aujourd’hui pour envoyer de manière officielle, assumée et endossée, des troupes au sol », lance M. Emmanuel Macron, le lundi 26 février 2024, à l’issue d’une réunion internationale de soutien à l’Ukraine qui vient de se conclure à Paris. « Mais, en dynamique, rien ne doit être exclu. Nous ferons tout ce qu’il faut pour que la Russie ne puisse pas gagner cette guerre », prévient-il.
Dans les heures qui suivent, la déclaration du président de la République provoque une pluie de démentis. Répliquant à un partenaire français toujours trop bavard, le chancelier allemand Olaf Scholz s’en tient à quelques mots : « Une chose est claire : il n’y aura pas de troupes au sol d’États européens ou de l’OTAN [Organisation du traité de l’Atlantique nord] » (X, 27 février). Deux des principaux soutiens de Kiev se mettent au diapason : « Nous n’envisageons pas d’envoyer nos troupes en Ukraine et nous avons sur ce point une position commune » avec Prague, explique le premier ministre polonais Donald Tusk lors d’une conférence de presse avec son homologue tchèque. « Il n’y a aucun projet de troupes de combat de l’OTAN sur le terrain en Ukraine », renchérit auprès de l’Agence France-Presse (AFP) un responsable de cette organisation militaire pilotée par Washington.
Aux États-Unis, justement, les porte-parole de la Maison Blanche, du département d’État et du Pentagone se relaient pour tenir la lance à incendie : « Il n’y aura pas de troupes américaines engagées au sol en Ukraine », martèlera M. John Kirby, porte-parole du président américain. Le premier ministre britannique Rishi Sunak fait chorus : « Nous ne prévoyons pas de déploiement à grande échelle. » L’Espagne, l’Italie, la Hongrie, la Suède opposent la même fin de non-recevoir […]
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