Le grand-guignol, une tradition française

Abaya contre Samuel Paty

Humour russe qui souligne l’inéluctable déclin de la France

Dans le contexte lamentable d’une nouvelle exception culturelle, dont l’initiative suscite au mieux la pitié à travers les vastes restes du monde, l’interdiction faite à des jeunes filles de porter l’Abaya à l’école, Emmanuel Macron s’est exprimé le 4 septembre 2023

Nous vivons aussi dans notre société avec une minorité, des gens qui, détournant une religion, viennent défier la République et la laïcité. Ça a parfois donné le pire. On ne peut pas faire comme s’il n’y avait pas eu l’attaque terroriste et l’assassinat de Samuel Paty dans notre pays

Le personnage s’est révélé depuis longtemps, il est si facile à cerner. La France est bipolaire, en partie vichyste et comme l’a écrit Alain Badiou, le pétainisme existait dans l’hexagone bien avant le dirigeant fasciste Philippe Pétain. Dans un mouvement perpétuel de pendule, ce vice national est redevenu majoritaire au début des années 2000, à l’époque de l’ascension de Nicolas Sarkozy. Macron en est l’incarnation.

La France est aussi un pays très littéraire, où une large part de la population reste focalisée sur la partie la moins noble de son anatomie. Le propos de Macron pourrait bien être un état d’âme. Cela soulignerait un esprit d’une grande vulgarité. Si la fine analyse se voulait plus technique, elle fut au mieux d’une bêtise crasse et l’expression d’un autre courant majoritaire, dont la réputation mondiale est d’avoir peur de son ombre. La France est le pays dont des représentants ont déjà commis l’idée grotesque d’insécurité culturelle.

Macron prétend atténuer les malheurs de la France, mais au même titre que les opérations djihadistes du 13 novembre 2015 à Paris, l’assassinat de Samuel Paty ne fut pas plus qu’un anecdotique dommage collatéral de la politique étrangère d’un pays qui voudrait encore paraître comme une puissance d’envergure mondiale. Comme à l’occasion autrefois d’événements encore plus calamiteux, par vanité, les autorités sont encore incapables, trois ans après, d’analyser sereinement les ressorts du fait divers. Désormais à la traîne des États-Unis, dans une posture parfois excessive de mouche du coche, la France a été avec François Hollande, autre figure emblématique, le plus hystérique support, depuis 2011, d’une insurrection islamiste en Syrie, contre le gouvernement légal et laïc de Bashar Assad.

Abdoulakh Anzorov, gamin de 18 ans, s’est radicalisé, dans ce contexte volcanique, au contact sur les réseaux sociaux des djihadistes d’al Qaeda, appelé localement Hay’at Tahrir al-Sham [Organisation de libération du Levant, HTS], qui vaincus ailleurs par les opérations militaires conjuguées de la Syrie, de la Russie et de l’Iran, sont réfugiés encore aujourd’hui dans la poche d’Idlib, nord-ouest de la Syrie, où USA, OTAN et Union européenne les protègent, en raison d’intérêts géopolitiques supérieurs. Ce sont donc des amis de la France qui ont guidé le bras de l’assassin adolescent. C’est cocasse

Le 28 octobre 2020, les militants d’HTS célèbrent à Idlib le martyre d’Abdoulakh Anzorov (Moussa NDT)

Voila pour le mobile. Il nous faut maintenant aborder l’aspect le plus cruel de la pathétique affaire, celui de l’opportunité. Anzorov se motivait sur les réseaux sociaux, où son expression était tellement violente et prémonitoire, qu’à l’été 2020, il a été signalé plusieurs fois à PHAROS, le pompeux Portail officiel de signalement illicit des contenus de l’internet. Problème, les éminents analystes de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) ne l’ont pas estimé dangereux. Savoir faire de la police politique, contre toute forme sérieuse d’opposition, ou alors du renseignement anti-terroriste, il faut choisir. La suite est impardonnable.

Au mois d’octobre, le SCRT (Service central du renseignement territorial) surveillait dans le Val d’Oise une paire de militants des Frères musulmans (organisation politique internationale qui fut aussi à l’origine de l’insurrection en Syrie, c’est cocasse), qui manifestaient contre le professeur. C’est alors que deus ex machina, le jeune Abdoullakh Anzorov est entré en contact avec les deux agitateurs. Mais l’incapacité de la DGSI et du SCRT, une fois encore, à analyser correctement la situation et surtout, à recouper leurs informations, conduisit le 16 octobre 2020, à l’assassinat de Samuel Paty. Si les fins limiers du grotesque Gérald Darmanin avaient connu le b.a-ba du métier pour lequel ils sont payés, le professeur serait encore en vie.

Le 7 juillet 2023, presque trois ans après les faits, l’avocate de la famille put enfin annoncer qu’un juge d’instruction avait ouvert une information, sur les graves incuries de l’État français. Car un rappel peut être utile, à l’exception d’Alain Badiou, des Frères musulmans et de l’avocate, tous les personnages et organismes français cités plus haut sont grassement payés par vos impôts.

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